Marina

#001 08/03/2021

Bienvenue dans H comme Handicapé.e.s le podcast qui donne la parole aux personnes handicapé.e.s parcequ'on ne les entends pas assez.  Je m’appelle Hermine, j’ai 28 ans je ne suis ni journaliste ni spécialiste. Mes invité.e.s ne le sont pas non plus mais nous sommes concerné.e.s. Par le handicap donc, mais pas que. Toutes les trois semaines nous discuterons de différents sujets comme, les voyages, les tatouages, la communauté LGBTQ+ ou encore les séries télé. Pour ce premier épisode j’ai eu le plaisir de discuter avec Marina :

Je m’appelle Marina, j’ai 28 ans, je suis une jeune femme en situation de handicap. J’ai la maladie des os de verres.

Nous avons parlé de son vécu en tant que femme handicapé.e, de son expérience sur YouTube et les réseaux sociaux en tant que créatrice de contenu, et de l’importance de la représentation  Une dernière chose avant que vous écoutiez son témoignage...J’ai conscience que cet épisode se concentre sur les femmes, et j’aimerais rappeler que les femmes cis ne sont évidement pas les seule.s à subir des violences sexistes et sexuelles. Je n’oublie pas les minorités de genre et leurs donnerait la parole dans un prochain épisode. Et pour que les choses soient claires : Les femmes trans sont des femmes, et les TERFS ou toute autre personne transphobe ne sont pas les bienvenu.e.s dans ce podcast. 

TW : Cet épisode aborde le sujet des violences sexuelles  

Du coup, avant de parler de féminisme, je voulais qu’on revienne un peu sur ton vécu en tant que femme handicap.ée, et un peu ton rapport à ton genre... Est ce que ça a été facile pour toi de te te sentir femme, de te sentir féminine ?  

Alors déjà à l’époque quand j’ai commencé à vraiment m'intéresser à mon apparence tout ça, c’est parce-que j’étais dans un foyer avec d’autres adolescentes. Donc toute suite forcément, on s’attarde un petit peu plus à l’apparence. Mais c’était difficile pour moi de vraiment me projeter. Surtout que pendant cette période, forcément, on se cherche un petit peu, une identité, un style... Et c’était vraiment difficile dans mes souvenirs parce-que toutes les personnes avec qui je parlais avaient des exemples, des représentations...Et moi c’est vrai que j’étais là j’me disais : “ouais ok, mais qui me ressemble en fait ? Je ressemble à qui ? Où suis-je ?” Et c’était difficile pour moi. Alors je me sentais bien dans ma peau, ça il n’y avait aucun problème. Mais c’était difficile de me trouver, d’avoir ma place...De me trouver une place, tout simplement. Ouais, je pense que c’est ça.  Ensuite, maintenant c’est différent. Parce-que déjà j’ai plus le même âge, et forcément, j’ai évoluée, j’ai grandis, et je me suis trouvée en tant que femme. Donc forcément c’est différent. Mais je pense par exemple qu’une personne adolescente, à notre époque en 2021, c’est peut-être un petit peu plus facile. Parce-que grâce aux réseaux sociaux, il y a plus de représentations.  Maintenant, il y a beaucoup de supports, il y a YouTube... Il y a vraiment des personnes très différentes les unes des autres qui s’expriment. Et c’est ça qui est intéressant. Avant il n’y avait rien, Il y avait les skyblogs mais c’était toujours le même type de personnes et c’était pas très très creusé,recherché. Enfin voilà, c'était pas forcément des outils utiles comme on a maintenant.  

Est-ce que tu aurais des annecdotes sur ta vie en tant que femme handicap.ée dans la société, qui pourraient illustrées un peu tout ça ?

Moi je le ressens comme ça, et c’est que ma vision personnelle des choses. Mais c’est à double tranchant. C'est-à-dire que soit on va m’infantiliser mais vraiment, à fond. C’est à dire vraiment me considérée et traitée comme une enfant. Voir parfois j’ai même pas mon mot à dire. Ou, soit, au contraire, pour certaines personnes, bon, ça c’est des cas assez particuliers... Où on va me sexualisée, me considérée comme une femme objet, parce-que j’ai une particularité, et que forcément ça attire certaines personnes. Et c’est très compliqué en fait parceque je pense qu’il faudrait un juste milieu. Juste qu’on me considère comme une femme. Et c’est tout. Une femme qui a des choses à dire et qui veut vivre sa vie comme toutes les autres personnes, tout simplement. Sans qu’on me considère comme une enfant, ou qu’au contraire on me considère comme une sorte de chose malsaine en fait. Parce-que l’hyper sexualisation, quand on l’a demande pas en plus... 

Ouais, t’as déjà eu affaire à des fétichistes, ce genre de personnes ?  

Dans la vie de tous les jours oui, j’en ai rencontrée. Et depuis que je fais du contenu sur Internet ça a explosé...Beaucoup de messages, de demandes de photos... Pas forcément des messages insultants, mais des personnes qui me disent que leur truc c’est les personnes en situation de handicap, qu’elles adorent ça...Après voilà, je respecte mais, j’estime que moi, j’ai pas fait la démarche de demander aux autres. Donc je vois pas pourquoi on viendrait en m’interpellant, en me disant : “Hé au fait toi !”. Non, non, ça m'intéresse pas. Je fais juste mon contenu, et c’est tout. J’ai pas envie qu’on vienne me parler de ça. Ca m’intéresse pas du tout.  

T’as eu une chaîne YouTube pendant presque trois ans...Quel genre de commentaires ont reçus tes vidéos ? Parce-que tu parlais quand-même beaucoup de handicap... 

Eh ben, étrangement j’ai eu beaucoup de retours positifs concernant mes vidéos. J’ai eu beaucoup de questions, surtout d’un public valide. Qui est était très intéressé, pour apprendre, pour que je parle de tout un tas de sujets. Donc je parlais de sexualité, de mon quotidien...Je parlais de la maladie et plus spécifiquement de ma maladie. Ou de handicap plus globalement, avec toutes ses problématiques. Et, également, parce-que ça c’est un point sur lequel je veux vraiment appuyer...C’est que j’ai très envie de montrer que les personnes handi, ont peut-être des problématiques, mais ont le même quotidien que les autres en fait. Tout simplement. Et c’était ça aussi que j’avais envie de transmettre à travers la chaîne, et que les gens avaient envie de voir également. Mais là dessus j’avais pas de problème sur ma chaine. J’avais beaucoup de bonnes ondes et tout. C’était bien. Bon après, pas toujours. D’ailleurs on va en parler pour la suite parce-que j’ai vu qu’il y avait une petite question là dessus. Mais ça va, globalement ça va.  

Et du coup, t’as arrêtée ta chaîne il y a quelques mois...    

J’ai arrêtée ma chaîne tout simplement parce-que c’était beaucoup d’investissement personnel. Et surtout qu’il y a quelques temps, enfin il y a un an, on m’a détecté une maladie au niveau de mon rein. J’ai subi plusieurs interventions. Ça a été très très compliqué. Et j’étais très fatiguée. Vraiment. Plus, bon, la pandémie, tout ça... Ca a été trop compliqué. Ca me demandait trop d’investissement. Et surtout que maintenant, faut avouer, faut dire la vérité...Je suis assez transparente là- dessus. Et je l’ai été avec mes abonné.e.s. C’est que, quand on fait du contenu et qu’on voit que, la plate-forme met toujours en avant le même type de contenu et que même ses propres abonn.é.e.s voient pas forcément les vidéos... C’est un petit peu navrant quoi, parce-qu’on travail on s'investit pour que des personnes puissent être inform.é.e.s sur un sujet important. Et même nos propres abonn.é.e.s n’ont pas la vidéo dans leur propre fil d’actualités. Donc c’est décourageant à force. C’est très décourageant. 

Là on va se rapprocher un peu plus du féminisme...Et on va parler de Me Too... 

Voilà donc c’était ça les commentaires négatifs justement, dont je faisais référence il y a deux minutes. J’ai suivi tout ce qu’il s’est passé à l’époque, sur Twitter. Et, voilà, j’ai subi quelque chose de traumatisant. Encore aujourd’hui. Pourtant c’est des années plus tard. Et j’étais sur la réserve. J’avais envie d’en parler, mais à la fois, j’avais pas trop envie d’exposer ça sur Internet. Surtout que je voyais que malheureusement il y avait le retour de bâton. Par exemple, il y avait des gens qui témoignaient et qui racontaient vraiment des traumas terribles, et qui se faisaient complétement laminés sur la place publique. Donc j’avais un petit peu peur. Et finalement en parlant avec des proches, j’ai décidée de faire la fameuse vidéo. Et malgré le témoignage, il n’y avait pas de malveillance. Je ne jugeais pas la personne, même si cette personne a fait des choses terribles. J’avais vraiment un discours, et ce discours c’était vraiment que j’appuyais sur le fait qu’il fallait en parler. Pour justement éviter que le sujet soit tabou. Et qu’il y ait justement plus de précautions. Et que les gens soient plus vigilants autour des agressions sexuelles et tout ça. Malheureusement, cette vidéo a été partagée sur Twitter, et là ça a été...Ingérable. Ingérables parce-que, je recevais des flots de commentaires. Et c’était la première fois que j’étais face aux insultes. J’avais jamais connu ça sur YouTube. Sur les réseaux du moins. Et c’était très difficile.Surtout quand on parle d’un sujet aussi...Qui touche à l’intimité. C’était très dur pour moi. Il y a même des proches qui ont géré.e.s mes commentaires. Et par la suite, pendant presque huit mois,je n'ai pas fait de vidéos. Je l’ai même supprimée cette vidéo. Parce-que je ne pouvais pas cautionner ça. J’arrivais pas. J’assumais pas de recevoir autant d’insultes.  

Merci d’avoir parlée de ça, déjà . 
Me Too en fait à l’époque, je voyais tous ces hashtags sur mon feed Facebook. Et j’aurais pu ajoutée le mien très clairement. Mais je l’ai pas fais parce-que...J’sais pas...Je pense que je minimisais déjà toutes les violences que j’avais subis. Du coup je me sentais pas légitime par rapport aux autres témoignages que je voyais...Je me sentais pas légitime. En fait...C’est seulement il y a quelques mois...Que je me suis rendue compte qu’en fait, j’étais pas passée loin du viol...Et que en fait, je m’étais faite harcelée sexuellement beaucoup plus que ce que je pensais 
   

Selon une enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union Européenne datant de Mars 2016, 61% des femmes handicapé.e.s ont été victimes de harcèlement sexuel contre 54% de femmes valides.    

Ca c’est les traumas. T’as aussi le côté d’être dans le déni. De pas comprendre aussi sur le moment ce qu’il se passe. Enfin, il y a tout un tas de choses. Et c’est vrai que...Parfois, longtemps après on y repense, il y a des flashs...C’est tout un tas de choses. Les gens qui n’ont pas connu ça. Qui ont eu la chance de pas vivre des choses aussi traumatisantes, ne peuvent pas comprendre. L’impact que ça. Et surtout que ça a, pas que sur l’instant. Que ça a sur le long terme. C’est ça en fait, qui est très difficile. Il y a des périodes où tu deal facilement avec ça. D’autres un petit peu moins. Et d’autres pas du tout. Où vraiment, tu ressasses beaucoup. Tu remets tout en questions...Tu te dis aussi : “Peut-être que c’est à cause de moi ?” C’est tout un tas de questions comme ça qui se mélangent. Et ça te bouffe... Même physiquement hein. Ca peut avoir une atteinte physique, Je connais beaucoup de personnes qui ont eu beaucoup de troubles suite à ça. Et les gens, ils se rendent pas compte en fait. Ils se rendent pas compte de ce que c’est. Et c’est pour ça que ça a été difficile aussi pour les victimes qui se sont fait ensuite, encore harcelé.e.s sur les réseaux après avoir témoigné.e.s. Tu te livres sur quelque chose d’important. Ou tu penses que tu vas faire évoluer les mentalités. Et finalement bah, pas du tout.  

 Depuis 2015 l’association Femme pour le Dire Femme pour Agir à mis en place la permanence “Écoute Violence Femmes Handicapées” Une ligne d’écoute et d’accompagnement pour les femmes handicapé.e.s victimes de violences. Un lien vers toutes les informations concernant cette ligne est disponible sur le site du podcast : hcommehandipodcast.fr

Bon là du coup on va passer dans le coté féministe de la force. Déjà est-ce que tu te considère féministe ?

Oui. Oui oui oui. Mais depuis toujours j’pense

Ah ouais ? Comment t’es arrivée à t’intéresser au féminisme ?  

Bah... Déjà, je me suis toujours intéressée à ça...Et puis en plus de ça, ce qu’il faut savoir c’est que, j’ai quatre frères. Et c’est vrai qu' à un moment...On est dans l’enfance, tout ça, tout se passe bien. Et puis on commence à être ado, à avoir le corps qui change...etc,etc...Et je me souviens très très bien, c’est que mes frères avaient tout d’un coup...Un statut particulier, et moi, un statut encore différent. C'est-à-dire qu’ils pouvaient par exemple s'habiller d’une telle manière, se comporter d’une telle manière. Et moi c’est vrai que...Alors attention, parce-que je sais qu’elle va m’écouter, et c’est pas du tout contre elle. Mais ma maman tout de suite, elle était plus protectrice envers moi. Elle me disait : “Surtout ne te mets pas comme ça. Surtout ne t’habille pas comme ça. Surtout fait attention, il faut que tu te tiennes comme ça parce-que t’es grande maintenant” Sous-entendu...Je pense que c’était vraiment pas de la malveillance. Elle voulait vraiment me protéger. Parce-qu’elle voyait forcément que j’étais une jeune femme. Enfin une jeune fille à l’époque. Que mon corps changeait. Et peut-être qu’elle voulait me protéger aussi. Moi c’est ça avec du recul. Et c’est vrai qu’à ce moment-là j’ai commencée à me poser énormément de questions. A me comparée beaucoup à mes frères...Puis après, voilà on connait tous. Quand on arrive au collège, tout ça... Quand on commence à changer...Les réflexions aussi qu’on peut avoir, tout un tas de choses dans ce genre. Et c’est comme ça que j’ai commencée vraiment tout de suite à m'intéresser au féminisme. J’avais pas forcément le terme à l’époque. J’avais pas les mots. Je disais pas “Je suis féministe”. Mais je l’été quand même déjà un peu. Maintenant encore plus.  

(rires) Ouais je crois que ça s’arrange pas en vieillissant (rires)  

Voilà c’est ça (rires)

Ouais bah moi en fait, pareil. Je pense que je l’ai toujours été un peu aussi, mais que je m’en rendais pas compte. Ou alors que j’avais cette image très négative du féminisme “gnagnagna c’est des hystériques, elle déteste les hommes” Et maintenant j’suis là “Oui. Et alors ?” (rires) Non mais, depuis quelques années, ça a un peu chamboulé ma vie. Il faut le dire. Et ça fait du bien. Mais...Justement...Il faut qu’on parle de l’inclusion des femmes handicapé.e.s dans le mouvement féministe... Est-ce que tu te sens intégrée et représentée ?  

Absolument pas.  

(rires) Voilà. Fin de l’épisode. Merci, bonsoir. (rires)

 Voilà c’est ça. (rires)  Non non mais...En fait j’en rigole mai, c'est...pfff. Je sais pas. Parfois ça m’énerve, mais vraiment, profondément. Quelques fois ça me peine. En fait je sais pas trop quoi penser et comment me positionner là dessus. Plusieurs fois hein, j’ai interpellée par exemple sur les réseaux sociaux, sur Insta, tout ça...Des gros comptes gérés par des féministes et tout ça, pour les interpellé.e.s là dessus. Sur le fait que les personnes handi ne sont absolument pas représenté.e.s, ou peu. Et encore, quand elles sont représenté.e.s ça reste toujours globalement, dans la même...Les mêmes types de handicaps. Alors attention, attention. Toutes les personnes, tous les handicaps, sont intéressants, et doivent être mis en avant.  Justement pour qu’on puisse informer les gens, qu’on puisse vraiment en parler, faire changer les mentalités. Et également, pour que toutes les personnes handi, puissent avoir des représentations. Je suis pas en train de dire qu’une personne en fauteuil doit être plus mise en avant, comparer à un handicap invisible, etc...Je dis juste que j’ai remarqué qu’il y a un certain type de personnes qui sont peut être un petit peu plus, mises en avant. Sur les comptes, comment dire ? Les gros comptes, féministes. Je vais pas dire les petits comptes, parce-que les petits comptes justement pour moi c’est vraiment des allié.e.s. Mais les gros comptes aussi se sont des allié.e.s. Mais, le dialogue est encore un petit peu...On tâtonne en fait hein. Plusieurs fois je les ai interpelé.e.s en disant qu'il fallait montrer un petit peu plus d’autres personnes. Quitte à faire intervenir des personnes pour en parler. Parce-que forcément on connait pas tout, on peut pas tout connaître. Donc je peux comprendre totalement que ces personnes ne puissent pas en parler. Et de toute façon, c’est pas forcément à elles de parler de handicap, vu qu’elles sont pas forcément concerné.e.s. Mais faudrait aussi qu’elles essayent de...Ouais de nous écouter.  

C’est clair. Et c’est intéressant ce que tu dis ce truc sur le handicap visible / invisible. Parce-que souvent on a cette image du handicap juste avec le fauteuil roulant. Alors que, moi même tu vois, j’ai un handicap visible. Donc j’ai un fauteuil électrique. Et j’ai aussi des troubles cognitifs. Qui sont malheureusement souvent oubliés. Alors que les personnes avec des handicaps invisibles ont tout autant le droit d’être représenté.e.s que nous quoi.

C’est ça. 

Et du coup, est-ce que tu aurais un message à faire passer ? Si jamais des féministes nous écoutent...  

C’est exactement ce que je répète tous les jours sur les réseaux en fait. On a besoin d’être...Entendu.e.s. Compris.e.s. Et aider. Alors quand je dis aider, je parle par exemple des gens qui parlent sans arrêt de féminisme, d’entraide, de sororité...De tout un tas de choses. On a besoin, justement, qu’on soit mis en avant. Qu’on essaye d’établir un dialogue, de construire des choses. Vraiment. Je pense que c’est très important. Alors moi je fais plus de vidéos sur Youtube. Mais je continue à faire du contenu, récemment sur TikTok et toujours sur Instagram. Et j’ai également créé avec Anais du compte Instagram et du blog, Blogueuse à roulettes. On a fait un compte qui s’appelle @atypiquementbelles, où on met en avant des personnes en situation de handicap, mais pas que. Parce-que justement le but pour nous c’est d’inclure d’autres personnes. Parce-que justement si on demande à d’autres personnes de nous entendre et de nous mettre en avant, c’est pas pour ensuite compartimenter et écarter d’autres personnes qui ont besoin également de témoigné.e.s, d’être entendu etc...Mais, ouais c’est vraiment ça en fait, j’pense. On a besoin de représentation. On a vraiment besoin de ça. C’est très très important.  

Je pense que la représentation, on se rend pas compte à quel point c’est important, jusqu’à ce qu’on commence à voir des gens qui nous ressemblent dans les médias et tout ça... J’me rappelle la première fois que j’ai vu la série Special. C’est l’histoire d’un mec qui est handicapé et gay aussi. Et donc qui est joué par un acteur handicapé. Ca c’est très important aussi. Du coup il avait le même handicap que moi. En beaucoup plus léger mais quand même le même handicap. Et c’était hyper perturbant parce-que, il disait des trucs que moi j’aurais pu dire. En même temps ça faisait vachement de bien et en même temps c’était hyper bizarre.  

Bah oui forcément, parce qu'on n'est pas habitué. 

Totalement. Mais c’est vraiment hyper important ouais. Du coup ça fait d’ailleurs une super transition, parce-qu’on arrive à la dernière question. Qui est : Aurais-tu des recommandations culturelles, type films,séries livres ou podcast...Sur le sujet. 

Alors, films, séries non absolument pas. Parce-que, les rares films que j’ai vu...Il y en a surement des très intéressant que je connais pas du tout. Mais c’est vrai que j’ai beaucoup de mal de voir des séries ou des films qui parlent de handicap parce-que j’ai toujours l’impression que c’est un petit peu la même timeline. C’est la personne handi qui est aigrie, qui peut rien faire. Et qui d’un coup, a une aide soignante, ou un aide soignant valide qui arrive et qui va ouvrire sa vie, lui offrir une vie extraordinaire. C’est ça qui me fait délirer. En plus jouer par des personnes valides. Bon, ça c’est un autre débat, mais bon. Voilà. J’ai pas forcément de film et de séries. Je dirais plus des personnes par exemple sur les réseaux. Donc il y a Anais, mon amie Anaïs @blogueusearoulettes . Il y a douceur cerise ? Je me souviens plus exactement, mais je te redirais. Qui est une maman qui a ma maladie. Qui parle de maternité, de handicap,de féminité...Il y a Goncha @nanaaroulettes. Ça ressemble à Anaïs, mais c’est pas encore ça. Qui parle également de handicap, de féminité et tout ça. Notre compte @atypiquementbelles. Et après bah, mes réseaux à moi par exemple. Donc sur TikTok et sur Insta : @marinamorello où je parle de tous les sujets qu’on a abordé ensemble. Après, il y a énormément de personnes super intéressantes sur les réseaux. Malheureusement faut vraiment chercher en fait.
C’est ça le problème. 

C’est ça, c’est ça. Ouais moi je suis pas encore sur TikTok mais je sens que je vais y arriver avant la fin de l’année.

Ah sur Tiktok là je suis contente parce que je suis en train de voir qu’il y a beaucoup de créateurs, qui sont en situation de handicap. Et qui font des TikToks sur le corps, d’autres plus sur le quotidien...C’est super intéréssant. Et ça fait plaisir.  

Ok. Génial, ouais. Et ben moi, figure toi que si, j’ai des recommandations. Dont un film d’ailleurs. Mais je suis totalement d’accord avec ce que tu disais tout à l’heure, il faut vraiment creuser. Parce-que les représentations mainstream type Intouchables, ou les trucs dans le pathos où le mec va mourir à la fin. Bien sûr... Non. Non. On ne veut plus ce genre d’histoire s’il vous plaît. 

Ouais voilà c’est ça. Où tu vois sa vie elle est ultra nulle, et puis d’un coup il y a une personne valide qui arrive, et tout devient magnifique et extraordinaire.   

Ah c’est clair ! Comme si on pouvait pas être heureux, sans les valides. Ahlala ! (rires)  

C’est ça (rires)  

Donc le film que j’ai à recommandée est une petite pépite, que j’ai trouvé sur Netflix pendant le premier confinement. Et j’avais l’impression d’avoir trouvé le graal. C’est un film Japonais, qui s’appelle 37 Seconds. Qui met en scène...Le personnage principal c’est une jeune femme handicapé.e, qui est joué.e par une jeune femme handicapé.e. Et qui essaye de prendre un peu son indépendance et découvrir sa sexualité, malgré sa mère qui est du genre surprotectrice. C’est très bien fichu, l’histoire est très belle. Et c’est très rare de voir des films qui parlent de ces sujets là, avec en plus une actrice qui est concerné.e J’ai une deuxième recommandation, qui est un livre cette fois. Qui est sorti récemment, je pense que t’as peut être dû en entendre parler. Qui s’appelle “Mister T et moi” qui a été écrit par Elisa Rojas 

Elisa ouais.  

Qui est donc une militante pour les droits des personnes handicapé.e.s entre autres, avocate au baroud de Paris... Et qui donc a écrit son premier livre.  

Je l’avais rencontré sur Twitter à l’époque.  

Du coup c’est un livre autobiographique où elle raconte son histoire avec ce fameux Mister T. Et ça fait vraiment du bien parce-que j’me suis quand même vachement reconnue dedans. Et en même temps c’est hyper drôle. Je crois que j’ai rarement autant ris en lisant un livre. Et c’est toujours politisé.  Et je le recommande aussi parcequ'il est hyper simple à lire. Pour moi qui ai un trouble de l’attention, lire des livres c’est pas toujours facile. Et là pour le coups c’est hyper accessible et très drôle. Donc, ouais, je recommande.

 Merci beaucoup Marina.

 Merci à toi en tout cas. Ça fait plaisir d’avoir des questions aussi intéressantes et pas toujours les mêmes questions “comment tu fais pour manger ? Comment tu fais pour sortir ?” (rires)  

(rires) C’est clair ! Bah c’est pour ça que j’ai fais ça aussi. C’est pour donner la parole de concerné.e.s à concerné.e.s tu vois. Et même moi ça me fait du bien d’en parler avec des gens qui comprennent, et pas toujours devoir faire de la pédagogie à mes potes... Clairement. Ça fait du bien. 

Et merci à vous d’avoir écouté ce premier épisode de H comme Handicapé.e.s. Merci à illustratrice Dandy Doodlez pour le logo Merci à mon frère Julian Garnier pour le site web hcommehandipodcast.fr Site sur lequel vous pouvez retrouver la retranscription de cet épisode, en Français et en anglais. Mais toutes les recommandations culturelles et références citées dans cette épisodeVous pouvez suivre l’actualité du podcast via Instagram sur le compte @hcommehandipodcast. Et si vous avez des questions ou si vous voulez me dire ce que vous avez pensez de ce premier épisode, vous pouvez aussi m’écrire à l’adresse hcommehandipodcast@gmail.com En attendant on se retrouve le 29 Mars pour l’épisode 2 où on parlera de voyages quand on est en situation de handicap.

Recomandations culturelles :

Film : 37 Seconds (2019)
Réalisé par la réalisatrice et productrice Japonaise Hikari
Disponible sur Netflix.

Livre : Mister T et moi (2020)
Ecrit par Elisa Rojas.
Paru aux éditions La belle étoile

Références :

Enquête "Violences à l'égard des femmes" de l'Agence des droits fondamantaux de l'Union Européenne
Association FDFA / Ligne d'écoute "Ecoute Violences Femmes Handicapées"

Série Special créé par Ryan O' Connell (2019)
Disponible sur Netflix